Tendance : donner quelque chose en retour au pays de vos vacances

Pour beaucoup, voyager est une récompense qui vient couronner un dur labeur, une période dédiée au cocooning avec ses proches, ou une façon de se développer sur le plan personnel et d'élargir sa vision du monde. Cependant, nous oublions parfois que le voyage est un droit acquis et que nous sommes invités seulement. De même, nous fermons les yeux sur l'impact de nos vols fréquents sur l'environnement. Cette année, la boussole morale est en alerte : on affirme que ‘l’avion est le nouveau tabagisme’. Devons-nous voyager moins et camper dans notre jardin ? Non, estime Tessa aan de Stegge, mais il faut veiller à donner quelque chose en retour ! En tant qu'observatrice des tendances en matière de voyage, elle effectue quotidiennement des recherches sur les tendances, les hypes et les innovations dans ce domaine. 

© Rogier den Boer 

Tourisme responsable

Tessa est convaincue que le tourisme responsable deviendra la norme. Les statistiques indiquent que nous n'allons pas voyager moins. De plus, une grande partie du monde dépend du tourisme. C'est donc notre manière de voyager qui doit changer. Le tourisme constitue en effet une source primaire de revenus pour près de la moitié des pays les plus pauvres du monde et, selon l'Organisation mondiale du tourisme, une personne sur dix dans le monde travaille dans ce secteur.

 

L'IATA, l'Association du transport aérien international, a annoncé que le nombre de personnes qui prennent l'avion va doubler au cours des 20 prochaines années pour atteindre 7,8 milliards. De plus, les voyageurs qui visitent en masse les grandes destinations touristiques sont responsables du surtourisme. Au bout du compte, c’est la population locale qui est perdante. Organiser ses vacances au plus bas prix possible, sans tenir compte de l'endroit où on est accueilli ni de la façon de s’y rendre, n’a plus droit de cité à une époque où la durabilité constitue un thème social majeur.

 

On observe donc une prise de conscience croissante de l’importance de l'aspect social et écologique du voyage. De plus en plus, nous voulons ‘être’ quelque part plutôt que simplement ‘visiter’ l’endroit, et désirons nous développer sur le plan personnel : c’est ainsi que, même si nous laissons encore cette inévitable empreinte derrière nous, émerge le besoin de faire quelque chose de positif.

Conseils pour un tourisme responsable

De plus en plus, les personnes aspirent à un échange personnel, unique et sensé, positif aussi bien pour elles-mêmes que pour l'environnement, la nature et la culture du pays qui les accueille. Et voilà bien longtemps que cette façon de voyager n'a plus de connotation hippie ! Voici les conseils de Tessa :

 

Ne vous comportez pas comme des touristes de masse

Participez à la lutte contre le surtourisme et sortez des sentiers battus pendant votre voyage. Demandez-vous ce qu’il y a de si spectaculaire dans les grands sites touristiques qu’ont visités votre voisine ou votre collègue. En évitant les highlights, vous contribuez à la répartition du tourisme afin de ne pas épuiser la nature et la culture et de permettre à des habitants de différents endroits de bénéficier de votre visite. Si vous avez la possibilité de voyager en basse saison, vous profitez d'une plus grande tranquillité et de meilleurs prix, et générez en outre des revenus pour la population.

 

Restez raisonnable dans votre marchandage

Rien n'est plus pénible que rentrer à la maison le portefeuille vide, avec des soucis financiers à la clé. Il faut dire qu’en vacances, le marchandage est tentant. Mais n’oubliez pas que si vous exagérez, il y toujours un perdant quelque part. Dans de nombreux pays, le marchandage fait partie de la culture, mais veillez à négocier de façon raisonnable, en vous informant sur le sujet et en suivant votre intuition. Souvent, la modique somme de cinquante cents représente un repas du soir pour toute la famille.

 

Agissez local, pensez local et aidez local

Lorsque vous voyagez, vous recherchez la touche locale et désirez que votre argent revienne à quelqu’un qui le mérite ? Dans ce cas, prenez des guides locaux, mangez dans des petits restaurants locaux et logez de temps en temps chez l’habitant, dans un homestay. De même, achetez vos souvenirs de préférence dans des petites boutiques familiales. Faites aussi directement l’acquisition d’un ventilateur local afin de ne pas devoir utiliser la climatisation.

 

CO2 ?

Nous émettons tous du CO2 dans notre vie quotidienne, mais lorsque nous voyageons, la quantité émise monte en flèche. Si vous voyagez en dehors de l'Europe, rien que votre vol représentera 76% des émissions totales de CO2 de toutes vos vacances. Si vous restez à la maison, le chiffre sera de 12% seulement (source : NHTV/CVO). Lorsque vous prenez l'avion, optez donc pour la compensation du CO2, afin que votre contribution financière soit investie dans un projet qui améliore l'environnement quelque part dans le monde. Pour quelques euros, vous pouvez déjà contribuer à la production d'énergie solaire ou éolienne et à la plantation d'arbres.

 

Vert, bien sûr !

Hébergement vert ? Optez pour un éco-hébergement, un resort communautaire ou un Tiny House Hotel. Vous partez en road trip ? Afin que le véhicule ne reste pas inutilisé, louez votre camping-car directement au propriétaire, via une plate-forme d’économie collaborative. Et si vous désirez séjourner dans un endroit particulier et contribuer à sa préservation, essayez le champing (dormir dans une église) ou optez pour une vieille tour fortifiée. Les bouteilles en plastique appartiennent au passé : buvez de l'eau du robinet (lorsque c’est possible, ou bien profitez des points de remplissage spéciaux) et utilisez une gourde. De plus, des apps bien pratiques vous permettent d’emporter vos documents de voyage sous forme numérique : une belle économie de papier !

 

Retroussez vos manches


Participez à des projets locaux ou faites du bénévolat pendant vos vacances. Ramassez les déchets de plastique sur la plage, aidez à restaurer un vieux sentier pédestre ou accompagnez un garde forestier. Ou bien faites du WWOOFing (World Wide Opportunities of Organic Farming) :  en échange de quelques heures de travail, vous êtes nourri et logé dans une ferme biologique. Vous souhaitez faire du volontourisme (bénévolat en voyage) au service d’enfants dans des orphelinats ou d’animaux sauvages ? Réfléchissez-y à deux fois : malgré les bonnes intentions des touristes, la population locale et les animaux s’en portent rarement mieux. Les projets axés sur la nature, par contre, sont presque toujours adéquats. 

Envie de découvrir des destinations hors des sentiers battus ? Découvrez ici les merveilles cachées préférées de la journaliste de voyage Debbie Pappyn.