🕒 Temps de lecture : 11 minutes

L'Affaire Climat : par amour pour la planète

Le 16 mars sera donné le coup d'envoi du sprint final de l'Affaire Climat. Avec cette procédure, plus de 60 000 Belges veulent mettre en œuvre une politique climatique plus ambitieuse. En collaboration avec Klean Kanteen, A.S.Adventure vend 250 gourdes pour le climat. 80 % des bénéfices seront versés à l'Affaire Climat afin de couvrir une partie des frais de justice. En achetant une de ces gourdes, vous devenez automatiquement avocat pour le climat.


Qu'est-ce que l'Affaire Climat ?

Quelques rappels. En 2015, onze citoyens inquiets en ont eu assez. L'action des autorités de notre pays n'est pas suffisamment ambitieuse pour lutter contre le changement climatique. Pourtant, nos politiciens avaient promis d'agir. Ils n'ont même pas respecté les promesses de l’Accord de Paris sur le climat. On manque également d'actions dans la pratique. Malgré les coups de semonce successifs d'une situation climatique qui s'empire, les politiciens se concentrent sur d'autres problèmes. Les engagements annoncés en grande pompe semblent pour la plupart rester lettre morte.

 

C'est pourquoi les onze citoyens, rejoints entretemps par plus de 61 950 co-demandeurs et partisans, ont engagé une procédure contre les autorités belges, flamandes, wallonnes et bruxelloises. C'est ainsi que l'Affaire Climat a vu le jour. Une affaire, insistent-ils, où « tout le monde gagne ». Francesca Vanthielen et Ignace Schops sont deux des initiateurs de l’Affaire Climat. Vanthielen est actrice, présentatrice et journaliste sur Canal Z. Schops, herpétologue ou spécialiste des reptiles et des amphibiens, est le directeur du Parc national de la Haute Campine et président de la Fédération EUROPARC, le plus grand réseau pour la nature en Europe. 

 

Tous deux insistent sur le fait que le but n'est pas d'attaquer de front le monde politique avec l'Affaire Climat, ils veulent juste faire bouger les choses. « Le terme "procès" a toujours une connotation négative. Comme l'expression : "On se voit au tribunal"' », explique Vanthielen. « Pourtant, ici, il ne faut rien y voir de négatif. Notre intention est beaucoup plus positive : nous sommes profondément inquiets et voulons qu'un juge neutre écoute nos arguments. » Schops poursuit : « Sous le couvert d'un tribunal, où la thèse et l'antithèse mènent à une synthèse, il faut maintenant trancher. Le sprint final de l'Affaire Climat est maintenant engagé. Le juge se prononcera à partir du 16 mars 2021.

« Le terme "procès" a toujours une connotation négative. En fait, nous sommes profondément inquiets et voulons qu'un juge neutre écoute nos arguments. »

(Francesca Vanthielen)


L'Affaire Climat : pourquoi ?

Le climat de notre planète est en train de changer radicalement. Cette évolution se traduit par des sécheresses, la fonte des calottes glaciaires et des incendies de forêt. Les records de température continuent d'exploser tandis que les inondations sont de plus en plus fréquentes. Tant que nous continuerons à pomper du dioxyde de carbone (CO2) et d'autres gaz à effet de serre dans l'atmosphère, ce changement climatique désastreux se poursuivra. Schops : « Selon les scientifiques internationaux, qui sont membres du GIEC - le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat - nous devons réduire les émissions de CO2 de moitié en dix ans. Il faut donc agir très vite. »

 

Avec l'Affaire Climat, les initiateurs veulent aider les autorités. Leur fournir un levier pour faire bouger les choses. « Nous allons les rendre heureuses contre leur volonté », explique Schops en riant. Une politique plus ambitieuse sera bénéfique pour tous, explique Vanthielen. « Y compris pour les politiciens. Ceux-ci craignent d'être punis par leurs électeurs s'ils prennent des mesures impopulaires, des mesures qui font mal. Avec l'Affaire Climat, nous voulons les aider. Ils pourront alors dire : "Oui, nous sommes jugés, donc nous n’avons pas d'autre choix que d'élaborer un plan plus ambitieux." C’est un bon moyen de pression. Car c’est maintenant que nous devons agir pour éviter les graves conséquences à long terme du changement climatique. »

 

Reste à savoir si le procès est la seule approche possible. Ne pouvons-nous pas titiller les politiciens d'une autre manière ? Schops craint que non. « Lancer un procès n'a rien d'un hobby pour nous. Nous avons déjà chanté, sauté et manifesté pour le climat. Rien de tout cela n'a incité les autorités à suivre résolument le bon chemin. »

« Lancer un procès n'a rien d'un hobby pour nous. Nous avons déjà chanté, sauté et manifesté pour le climat et rien ne se passe. »

(Ignace Schops)


Il prend l'exemple de l'amiante, un matériau cancérigène utilisé pendant longtemps de manière totalement légale. Ce ne sont pas les politiciens qui ont pris l'initiative d'interdire l'amiante. « Non, le procès était similaire à celui que vous voyez aujourd'hui », explique Schops. « Des gens ont commencé à soupçonner que quelque chose n'allait pas avec l'amiante. S'en sont suivies des analyses de scientifiques. Leurs conclusions ont finalement donné lieu à des procès et à l'interdiction que nous trouvons tous tout à fait logique aujourd'hui. » Schops veut que le climat devienne l'amiante du futur. « Espérons que dans dix ans, les mesures prises pour le climat soient aussi évidentes. »


La Belgique est-elle une si mauvaise élève ?

Oui. En 2015, la Belgique a ratifié l'Accord de Paris sur le climat. Notre pays s'est engagé à adopter des mesures en vue d'inverser le changement climatique. Mais la Belgique peine à respecter ces engagements depuis un certain temps, comme un pauvre cycliste qui se fait larguer du peloton à la moindre montée. Selon Schops, il ne fait aucun doute que nos politiciens n'en font pas assez pour s'attaquer au problème.

 

« En tant qu'État membre de l'UE, la Belgique doit montrer le chemin qu'elle a parcouru. Nous sommes loin d'avoir atteint nos objectifs. Pire encore : tant en termes de réduction des émissions que de transition vers les énergies renouvelables, nous sommes parmi les derniers de classe en Europe. Jusqu'en 2020, nous avons gonflé nos chiffres en achetant de l'air pur à l'étranger. Ce n'est pas ainsi que l'on travaille sur une solution à long terme. Et depuis cette année, ce n'est de toute manière plus possible. »

« Tant en termes de réduction des émissions que de transition vers les énergies renouvelables, nous sommes parmi les derniers de classe en Europe. »

(Ignace Schops)


L'Affaire Climat belge est-elle unique ?

Oui et non.

 

Les Pays-Bas ont déjà montré le bon exemple. L'organisation environnementale Urgenda a gagné une affaire similaire. Le juge a alors imposé aux autorités des objectifs ambitieux et contraignants pour réduire les émissions. Les autorités néerlandaises ont fait appel et se sont finalement adressées au Conseil d'État. Dans chaque cas, la décision initiale a été confirmée. Ce qui a conduit à une évolution vers une politique plus respectueuse du climat. Début février, un juge s'est prononcé contre l'État français dans une affaire climatique similaire soutenue par 2,3 millions de Français. Nous pouvons y arriver.

 

Ailleurs, de courageux citoyens contestent la mauvaise gestion de l'industrie pétrolière ou la négligence des autorités. Schops fait référence à une étude des Nations Unies. « Celle-ci parle de 1.550 procès climatiques dans le monde. Nous ne sommes donc pas les seuls à nous inquiéter de cette situation. Partout, des enfants, des femmes au foyer et des peuples indigènes vont au tribunal pour protéger leur avenir. Le monde bouge. » Avec ce procès belge, l'Affaire Climat espère changer la donne afin d'encourager d'autres « mauvais élèves » à poursuivre également leurs autorités en justice.


« Partout, des enfants, des femmes au foyer et des peuples indigènes vont au tribunal pour protéger leur avenir. Le monde bouge. »

(Ignace Schops)


L'ampleur du soutien dont bénéficie l'Affaire Climat est unique : 61 819 Belges sont devenus co-demandeurs. Ce sont des gens qui nous accompagneront au tribunal. L'Affaire Climat est la plus grande procédure judiciaire jamais menée en Belgique.


Y a-t-il des raisons d'espérer ?

« Notre planète est malade », explique Ignace Schops. « Il n'existe aucun remède miracle pour la guérir. Nous devons changer notre comportement. » Une prise de conscience se met en place au sein de la population. Schops remarque que les mentalités évoluent. « Notamment parce que de plus en plus d'études montrent que la transition vers une société à faible émission de carbone ne doit pas être négative. » Cette transition crée de l’emploi et entraîne des avantages financiers pour l'État. Ce dernier point a été calculé par le VITO, l'Institut flamand pour la recherche technologique, entre autres.

 

Pour Schops, la manière dont nous avons réagi en tant que société face à la pandémie de coronavirus est encourageante. Nous respectons les règles de distanciation et les scientifiques ont développé un vaccin en un temps record. « Si nous regardons tous dans la même direction, nous pouvons réaliser rapidement d'énormes progrès. »

 

Prenons l'exemple des premiers pas sur la Lune. Moins de dix ans après que Kennedy en eut rêvé tout haut, Neil Armstrong posait le pied sur la Lune. « Objectif Lune : mission accomplie. Maintenant, place à Objectif Terre. Au cours de la prochaine décennie, nous devrons sérieusement nous attaquer à la question du climat et de la nature. Et investir massivement. » D'après Schops, c'est absolument essentiel.

 

Vanthielen voit même des raisons d'espérer. Elle a ainsi remarqué que les entreprises étaient particulièrement disposées à traiter cette problématique. « Quand j'ai commencé sur Canal Z, j'avais peur que les téléspectateurs me considèrent comme une sorte de Cheval de Troie. Les sujets consacrés à la durabilité étaient nombreux dans les actualités, mais je n'en étais pas à l'origine. Les entreprises sont parfaitement conscientes qu'elles doivent rendre leurs activités plus écologiques et se consacrent depuis des années à cette transformation, à la responsabilité sociale, à la neutralité énergétique et à l'autosuffisance.

« Les entreprises se consacrent depuis des années à cette transformation, à la responsabilité sociale et à l'autosuffisance. »

(Francesca Vanthielen)


Ce ne sont pas que des mots, précise-t-elle. De nombreuses entreprises passent à l'hydrogène ou modifient leur processus de production. « Ce n'est pas un simple discours de promotion. » Même le monde politique commence à suivre le mouvement. « Beaucoup de choses ont bougé en six ans. Des zones à basses émissions ont été créées, la tarification routière est devenue un sujet de discussion - même si nous n'étions pas prêts pour cela dans nos têtes - et les voitures de société sont également de plus en plus remises en question. » On pourrait aller plus vite, mais on note toujours plus de bonne volonté.

Les questions climatiques dominent également le rapport sur les risques du Forum économique mondial. Schops : « Pour la première fois, le secteur économique valorise l'importance du climat et de la nature. Impossible de faire des affaires sur une planète morte. Sans changement, nous ne pourrons absolument plus assurer la gestion d'entreprise. »

 

Il remarque par ailleurs que les gens redécouvrent la nature en cette période de COVID-19. « Nous sommes nombreux à aller faire des randonnées et réalisons à quel point l'air pur est essentiel, à quel point la nature peut être curative. Nous l'avions un peu oublié. Les associations de protection de la nature enregistrent un nombre record de membres. Voilà qui prouve que la société change. »


Quelles seront les conséquences en cas de victoire ou de perte ?

L'Affaire Climat ne veut pas interférer avec l'élaboration d'un plan climatique ou sa mise en œuvre. « C'est la mission des politiques », explique Vanthielen. « Nous n'avons pas d'exigences. Nous demandons simplement que les autorités respectent les promesses de l'Accord de Paris sur le climat. Pour mettre le cap sur 2050. Ensuite, c’est aux politiciens de décider de la voie à suivre. »

 

Tous ceux qui sont derrière l'Affaire Climat sont convaincus de la victoire. Parce qu'ils se basent entièrement sur des connaissances scientifiques. Et parce qu'ils peuvent compter sur Roger Cox, l'avocat qui a triomphé aux Pays-Bas.

 

« Je pense que nous gagnerons », déclare Schops. « Soit dit en passant, nous sommes tout à fait prêts à perdre notre procès si cela implique que la Belgique et les entités fédérées respectent les objectifs fixés. Si c'était le cas, nous serions très curieux d'entendre les arguments du juge. »


En tant que citoyens, que pouvons-nous faire pour aider l'Affaire Climat ?

Les onze gèrent l'Affaire Climat de manière désintéressée et s'engagent volontairement, « par amour pour la planète », selon Schops. Il n'empêche que les procès restent coûteux. Les avocats qui se démènent pour une bonne cause ne peuvent pas le faire de manière totalement gratuite. Le financement de l'Affaire Climat se fait exclusivement par le biais du crowdfunding.

 

Comme nous serons tous gagnants en cas d'issue positive, l'ASBL L’Affaire Climat, A.S.Adventure et Klean Kanteen ont décidé d'unir leurs forces. Ensemble pour une politique climatique plus ambitieuse. Tous ceux qui achèteront une gourde en édition limitée de Klean Kanteen chez A.S.Adventure soutiendront le climat. L’Affaire Climat paiera en effet une partie des frais de justice grâce aux recettes. Les propriétaires de gourdes deviendront ainsi des avocats du climat et pourront continuer à relayer notre message.

La gourde Affaire Climat de Klean Kanteen

Cette gourde pratique et isotherme en acier inoxydable est garantie 100 % sans BPA. Son design en édition limitée a été spécialement imaginé pour l'Affaire Climat. Vos café, thé ou soupe resteront chauds pendant 11 heures tandis que vos autres boissons conserveront leur fraîcheur pendant 38 heures. Grâce au bouchon Café Cap étanche inclus avec raccord rotatif easy-carry, vous pourrez facilement l'emporter à la prochaine manifestation pour le climat sans renverser !

Via le site Internet de l'Affaire Climat, les sympathisants peuvent également faire don d'un café symbolique pour le climat. « Plus que le bienvenu », selon Vanthielen. « L'affaire arrive à son terme, mais cela ne signifie pas que les comptes sont tous parfaitement alimentés. De plus, nous pensons qu'il y a de fortes chances qu'au moins une des quatre parties assignées fasse appel. » Il est possible de soutenir l'Affaire Climat en se joignant à l'action que nous organiserons dans une centaine de villes et communes le 14 mars. » Les inscriptions pour participer au procès en tant que co-demandeurs ont été clôturées le 27 mai 2019. Il est toutefois encore possible de devenir partisan et de soutenir moralement l'Affaire Climat via le site Internet de l'Affaire Climat.

 

« Nous sommes très heureux de l'initiative d'A.S.Adventure et de Klean Kanteen », conclut Schops. « Nous invitons chacun à se rendre sur notre site Internet. Soutenez-nous, car nous avons besoin de vous pour gagner ensemble. »

Saviez-vous que Klean Kanteen ne s'est pas engagé par hasard pour l'ASBL L'Affaire Climat ? Depuis peu, la célèbre marque de gourdes porte en effet le label Climate Neutral Certification.


Curieux de connaître les autres actions entreprises par A.S.Adventure pour soutenir le climat ? Découvrez vite nos objectifs verts.


Paramétrage des cookies pour une meilleure expérience en ligne avec A.S.Adventure

Pour vous garantir la meilleure expérience en ligne, A.S.Adventure utilise des cookies marketing, analytiques et fonctionnels (et des technologies similaires). Pour plus d'informations, nous vous renvoyons également à notre cookie policy. Sur nos sites, des tiers placent parfois des cookies de suivi pour vous montrer des publicités personnalisées en dehors du site web d'A.S.Adventure. En outre, des cookies de suivi sont placés par les réseaux sociaux. En sélectionnant « accepter les cookies », vous acceptez cette option. Pour ne pas avoir à vous poser la même question à chaque fois, nous enregistrons vos préférences concernant l’utilisation des cookies sur notre site Internet pour une durée de deux ans. Vous pouvez modifier vos préférences à tout moment via la politique en matière de cookies au bas de chaque page du site Internet.