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Qu’est-ce qui fait courir l’ultrafondeur Lieven Van Linden ?

Que vous l’appeliez ultrafondeur, endurance athlete ou tout simplement doux dingue, le fait est que Lieven Van Linden teste les limites des capacités humaines. À 26 ans, il a raccroché ses crampons parce que le ballon rond « n’était plus assez stimulant ». Après une année sabbatique où l’embonpoint a accouru au galop, il a enfilé ses chaussures de course. Et depuis lors… il n’a plus arrêté de courir.

Le footballeur qui opta pour la course à pied

« J’ai passé pratiquement toute ma jeunesse et mes premières années de vie d’adulte sur les terrains du KFC Duffel, mais à 26 ans, j’en ai eu assez », révèle d’emblée Lieven Van Linden. « J’avais l’impression d’en avoir fait le tour. » Généralement, les footballeurs qui arrêtent leur carrière se dirigent ensuite vers le tennis ou le golf. Et Lieven semblait également devoir s’engager dans cette voie. « Personne n’aurait cru une seconde que je deviendrais accro à ce point à la course à pied. Mais après une année de vie épicurienne, je sentais que je devrais reprendre le chemin du sport. Et courir était finalement le choix le plus facile parce qu’on peut se lancer où et quand on veut, sans avoir besoin de personne. »

Personne n’aurait cru une seconde que je deviendrais accro à ce point à la course à pied

« C’est vraiment mon truc »

« En réalité, j’ai très vite pris goût aux plaisirs de la course. En rallongeant chaque fois les distances à parcourir. Et en me lançant des défis insensés. Je ne peux pas m’en empêcher. J’avais vu Tom Waes courir le Marathon des Sables pour relever le défi du programme télé Tomtesterom. Je me suis dit tout de suite : « ok, je le ferais bien aussi. » Et en 2013, ce fut chose faite. Avec des kilomètres d’entraînement dans les jambes et deux marathons en guise d’échauffement, je m’estimais prêt pour le parcours de 254 km dans le désert. Bien vu. Comme Tom Waes, j’ai terminé la course. Mes pieds semblaient un peu moins abîmés que les siens mais, pour le reste, nous avons tous deux sué sang et eau durant la course. Fourbus et avec, pour ma part, une révélation : de retour au bercail, je savais que « c’était mon truc ».

J’ai vu Tom Waes courir le Marathon des Sables et me suis dit tout de suite : ok, je le ferais bien aussi.

Sentiment de collégialité

Quel plaisir y a-t-il donc à courir et peut-on le comparer au football ? « Courir est, bien plus que le football, une lutte physique et mentale que l’on engage avec soi-même. Il faut naturellement bien s’y préparer. Mais une course d’ultrafond est principalement une question de persévérance et de courage. J’ai même développé une relation d’amour-haine à son égard, tant l’exercice est solitaire. L’esprit d’équipe du football me manque parfois beaucoup. Et à d’autres moments, j’adore pouvoir mener ma course dans ma « bulle ». Mais un sentiment de collégialité règne parmi les différents coureurs. Si cela reste une course, l’esprit de compétition n’y est pas poussé à son paroxysme. Les coureurs s’entraident, partagent leur casse-croûte et échangent très vite leurs expériences. Au Marathon des Sables, je me suis fait quelques amis et de multiples connaissances. Le monde de l’ultrafond est finalement un petit cercle d’initiés, où l’on croise constamment les mêmes personnes. Et cela crée naturellement des liens. »

Un sentiment de collégialité règne parmi les coureurs

Jungle brésilienne

« Lorsqu’on rentre chez soi après une telle compétition, on réfléchit très vite au défi suivant. Et, c’est la loi du genre, il faut toujours mettre la barre un peu plus haut. Je pensais avoir trouvé le challenge à ma mesure dans la TransArabia, une course qui vous mène de la mer Morte, via Wadi Rum, jusqu’à Petra en Jordanie, mais l’événement a été annulé en raison des menaces terroristes. J’ai donc reporté mes ambitions vers le Jungle Marathon dans la forêt amazonienne brésilienne (du 1er au 10 octobre). Un défi très différent, encore plus difficile que le précédent en raison du sol (la boue) et de l’humidité extrême (98 %). J’ai hâte de m’y lancer. »